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Araldus

Araldus

David Pascaud

Dixième siècle... Araldus, petit seigneur au service du puissant comte de Poitiers, organise son existence autour d'un modeste castrum en bois. Il veut se forger un nom, une place, un destin. Comment briser les normes établies par les rois, la nature et les dieux ? Comment marquer l'esprit des hommes et devenir le seul maître de sa vie ? Ses seules armes : un corps prêt à toutes les violences, son intelligence, et les remuements d'une société médiévale en pleine ébullition.

Un récit de rêves et d'ambitions, mais aussi de renoncements et de compromissions.
Une histoire humaine...

Éditeur : Jerkbook Editions Langue : français
Genre : Littérature Sortie : 31 août 2015
Sous-genre : Roman

Biographie

David Pascaud

Давид Паско - Auteur francophone, sans casquette excepté le circonflexe. Roman, nouvelle, poésie, aphorisme, page blanche.

Petite chronologie à rebours...

Janvier 2018 : Valises, recueil de nouvelles, éditions du Carnet à Spirale (Toulouse).

Octobre 2016 : Des livres et nous des chansons, recueil collectif de nouvelles inspirée des chansons du dernier album des Ducs (www.lesducs.net).

Septembre 2016 : version brochée de Araldus, le maître enchaîné.

Août 2015 : parution en version numérique du roman Araldus, éditions Jerkbook.

2013 : parution en format numérique des Nouvelles d'un vaste monde, éditions Booxmaker.

2004 : participation à la bande dessinée Musique en planches, éditée par Montgorges Phonogrammes.

2003 : coauteur de Poitiers, tranches de villes, avec le photographe Dominique Bordier, éditions Déclics.

Rédacteur de presse (1998-2003) et dans l'édition touristique (2000-2010).

 

 

 

 

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Ils en parlent sur le web

Ce roman a 2 qualités : du style et du sens. Que demander de plus en littérature? Le parcours d'Araldus tout au long des chapitres est captivant. C'est un personnage ambigu, avec une face sombre. Il r... Lire la suite
2 years ago
Le roman ARALDUS recèle bien des secrets. Des clefs de lecture sont accessibles sur la plateforme littéraire Iggybook : interview de l'auteur, "journal" du roman, musiques d'inspiration, extraits, ... Lire la suite
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CRITIQUE PRESSE - LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE et CENTRE-PRESSE, 17/12/2015. Article de Franck Bastard. Araldus, nous sommes tous Châtelleraudais. David Pascaud, un auteur poitevin, ressuscite ... Lire la suite
3 years ago

Revue de presse

Lettre personnelle à Araldus

Images & regards - 09/07/2017

Les impressions de lecture du photographe-blogueur FH, grand arpenteur du pays châtelleraudais. Plus d'information

Araldus, David Pascaud et la littérature

Impromptus | Blog - Site de Thierry Bellaiche - 12/06/2017

Un décryptage en 8 actes dans lesquels Thierry Bellaiche convie Flaubert, Verne, Buñuel et Shakespeare. Plus d'information

Tous les articles de la revue de presse

Du même auteur

Extraits

Chapitre introductif d'ARALDUS : à lire en intégralité

Chapitre introductif d'ARALDUS : à lire en intégralité

                                      Avril 929 : gravis la colline           L’horizon.          Il tourne la tête, tourne sur lui-même. La ligne de l’horizon tout autour de lui, qui l’encercle.          D’ici il embrasse le tout, le connu et l’inconnu ; il ressent la joie et la peur.          Du haut de la petite colline, il distingue les deux ca...

Le vieil Odon, prêtre de Postumiaco

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Extrait du chapitre 17. Septembre 955 : bats-toi pour le comte          Le vieux prêtre trépigne dans sa bassine. Tout s’agite soudainement en lui, les mains, les épaules étroites, la tête, la houppe blanche, la prunelle des yeux… De ce singulier petit corps tout en nerfs jaillit un flot de paroles :          « Les serviteurs du démon sont ceux qui...

Gersinde

Gersinde

Extrait 1  - Chapitre 3. Octobre 932 : aime Gersinde        La femme d’Araldus voit passer les saisons sans jamais se plaindre, presque muette. Son corps, d’une grâce fluette, supporte les canicules de l’été, la froidure de l’hiver. Elle résiste aux excès de la nature, mais celle-ci lui a fait payer : deux petits êtres sont déjà sortis de ses entra...

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Mon interview

#1

Défi de Gribouille-book à David Pascaud (janvier 2016)

Présentez Araldus en 10 lignes sur le mode Thriller : « Il veut se forger un nom, une place, un destin. »

Comment va-t-il marquer sa présence dans ce monde ? Une trace, il faut une trace !

Il ne cesse d’y penser, jusqu’à l’obsession.

Il décide d’utiliser la seule arme qu’il ait à sa disposition, la plus mal aiguisée qui soit, la moins fiable : lui-même.

Face aux dieux qui l’écrasent, écrasent tout, ont le pouvoir de l’effacer, d’un souffle.

Face à la Nature qui l’enserre, pénètre son corps et cherche à l’affaiblir par la maladie, l’usure, la vieillesse, la faim…

Face aux siens - les autres -, les puissants bien-nés qui le ligotent et ont le droit de punir ; les faibles qui le jalousent, prêts à le frapper dans le dos.

Face à ses propres peurs, ses doutes, véritables ennemis intérieurs qui brouillent sa raison, font vaciller sa volonté.

Combat inégal, perdu d’avance ? - la victoire sera de lutter, toujours : penser, agir, commettre…

 

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David Pascaud @PascaudDavid

France-Belgique en demi-finale de #CoupeDuMonde : un peu surréaliste ce jeu de balle, non ?

Musiques d'inspiration à l'écriture d'ARALDUS

https://youtu.be/4GoCtWxFPCA

From the spring [extrait de Flow], de Jon Jenkins

Hurlement de loups, taillis feuillus. Armure sale reflétant le soleil. Visage fermé, barbe négligée. Des flashes, coups d’épée, de hache ; violence des corps et des sentiments.

Musiques d'inspiration à l'écriture d'ARALDUS

https://youtu.be/ErQm19Zvxxo

Officium [extrait de Requiem for my friend], de Zbigniew Preisner

Souffle d’hiver contre une encoignure de pierre grise. Puis ciel très blanc. Des arbres nus, noirs. Un cheval, poils collés de sueur. De la vapeur s’échappe de ses flancs. Au ralenti.

Journal de "ARALDUS" (extraits), 2003-200?

          Je décris de moins en moins, il me semble. A dire vrai, je cherche moins l’effet de style historique, l’ornementation qui typerait mon récit, l’ancrerait dans le Xe siècle. J’épure, en fait, je tends vers l’humanité brute des personnages. Les personnages sont des individus. Sous les vêtements d’époque, il y a la chair nue. Derrière les us et les mœurs d’une ère délimitée, il y a la profondeur existentielle de ceux qui ont été hommes avant nous et comme nous. Criblés d’angoisses avant moi.

 

          Je veux écrire deux versions d’Araldus. La première au passé, respectant le récit traditionnel. Et inscrire ainsi les personnages dans un temps donné. La seconde au présent, pour rendre la réalité plus vive, les hommes plus prégnants. Pour renifler la sueur de ses hommes, et bien davantage encore leurs inquiétudes les plus atroces, il faut fuir la littérature.

 

          On parle d’islamophobie, d’altermondialisation, de néolibéralisme, de tout et de plus encore. Les portables brûlent, les écrans explosent. Des voix fortes, tellement persuadées de déclamer la Vérité. Mon époque m’assaille, me renvoie à mes insuffisances, mes doutes. Ma petitesse. Mon projet insignifiant. Et Araldus. Sa forêt humide et plus de mille ans d’une mort oublieuse.

 

          Sans que je l’aie voulu, car le hasard guide ma plume (ou plutôt mes doigts sur le clavier), trois temporalités s’enchevêtrent. Je distingue, en premier lieu, semblable à un socle soutenant l’ensemble du récit, le temps linéaire, rythmé de dates, de faits chronologiques ; temps allongé, pesant, qui vieillit malgré tout les êtres et s’égrène au gré lent des torpeurs caniculaires, des frimas hivernaux, des pas lourds des hommes et des chevaux sur la terre… Ensuite, un temps cyclique, d’un printemps au suivant, d’une mort à une autre, d’une soûlerie à la prochaine. Les expéditions punitives se répètent, les rêves aussi, les désespoirs. La rondeur capture les existences, du ventre des femmes aux casques des hommes. On ne s’échappe pas de sa condition d’humain, ni de l’ordre initial de toutes choses. Et Araldus tourne, tourne, autour du castrum… Et puis, il y a ces fulgurances. Qui moi-même me bousculent. Elles trouent la surface de la vie. Des cris, des pets, des morts soudaines, des pulsions de sexe et de meurtre qui cassent le cours de ce qui est.

 

          J’avance sans plan d’écriture, sans structure préconçue, sans aucune certitude sur le fil du récit. Ce n’est pas si confortable, je passe de longues heures à douter. Je stagne et je trouve ce texte vaseux, lamentable. Mais j’ai voulu me mettre dans les mêmes dispositions d’esprit que mes personnages : être dans l’urgence, la nécessité, tout au moins dans l’impossibilité de maîtriser l’après ; et subir l’instant. Ainsi, demain existe à peine, car il ne peut se concevoir pleinement lorsqu’on s’englue dans le jour présent. Lorsqu’on se heurte à des faiblesses qui n’appartiennent qu’à soi.

 

          J’ai choisi d’avancer sans savoir où j’allais. Et j’apprends. Le hasard est une vraie force directrice, parfois destructrice. Il existe. Je le sens réellement influer sur mon esprit, guider ma main. Je pressens pour ainsi dire sa consistance. Et ainsi, un personnage meurt, alors que j’avais, quelques instants plus tôt, envisagé un destin pour lui.

 

          Les romans que j’ai pris plaisir à lire m’ont toujours donné, au final, une rassurante impression de complétude. Tout était dit, et bien dit. C’est peut-être ça, l’œuvre idéale, un monolithe lisse, une empreinte parfaitement dessinée. Avec Araldus, à l’inverse, il me semble que je pourrais écrire indéfiniment. Ne serait-ce que dans mon esprit, je suis condamné à le peaufiner à l’infini.

 

          Des personnages apparaissent puis s’évanouissent du récit, sans que j’évoque leur mort. Ils n’ont pas droit à cela, une mort. Une mort qui serait au moins une encoche dans la ligne du temps, une preuve qu’ils furent des existants. Non, pas même cela. Leur destinée est encore plus cruelle : ils ne meurent pas, ils ne sont plus. L’absence de fin les dilue dans le néant. Qu’y a-t-il de pire que cet oubli ?

 

          Une sale grippe, une soudaine montée de fièvre, une fatigue passagère, [...] un frigo vide, un chauffe-eau en panne… Les contretemps s’enchaînent, fourmillent, s’agglutinent. Le quotidien est encombré, la libération de ma pensée devient impossible. Ecrire, c’est d’abord cohabiter avec tout ce qui n’est pas littérature.

 

          Araldus ne sait d’où il vient, ni où il va. Il sait qu’il est. C’est là sa liberté prométhéenne. Il est l’homme dans toute l’étendue de sa faiblesse, de son découragement face aux fixités des dogmes imposés par la nature, la société humaine et les dieux. En cela aussi réside le choix : acquiescement ou affirmation de soi.

 

          Suis-je Araldus ? Il n’est pas un jour sans que je me pose la question, alors que la réponse est si claire à mes yeux.

 

          Il est minuit 40. Jeudi 1er janvier 2004. L’humanité s’épuise dans des éclats festifs moins qu’éphémères, imposés par cette habitude pavlovienne qu’on nomme tradition. Dans quatre mois, le roman sera achevé, du moins je l’espère. Le chapitre 13 relate les espoirs d’Araldus combinés à une manigance pour accélérer le destin. Drôle de coïncidence d’en être là. Ou bien ma volonté est-elle vraiment plus forte que le hasard, qui n’est finalement qu’un mot creux. Araldus mourra donc dans quatre mois. Quatre mois, j’ai dit.

 

          Société fixe ou muable ? Le Xe siècle est un temps d’anarchie politique, donc de possibilité d’évasion à ce qu’on est. C’est une société en poupées russes ; s’emboîtent sphères d’influence et niveaux de pouvoir, des princes régnants aux affranchis des campagnes. Chacun, où il se trouve, grignote ce qu’il peut d’espace vital. Affirmation de soi, toujours, même d’un soi infime.

 

          Mes exigences inclinent à l’épuration du style, à aller vers une vérité brute, à la fois totale et cinglante, sans ornement d’aucune sorte. Mais il est difficile de chasser ce souci de complétude, je ne peux réprimer l’envie d’étoffer, de densifier, de multiplier… J’ajoute l’élément qui, je crois, va tout éclaircir, et il devient un surplus, il encombre. Indétrônable pourtant, il appelle un autre artifice, et encore un autre… Je me perds à saisir l’homme du Xe siècle, cet être infiniment plus complexe que j’imaginais.

 

          L’écriture d’Araldus : beaucoup de plaisir, peu d’amusement.

 

          Les gueux sont repoussants, d’une saleté à maudire. Ils sentent horriblement mauvais. Ils sont petits, courbés, parlent à peine. Ils sont nés victimes. La faiblesse absolue émane de leurs pores et de leurs regards. L’homme moyen actuel a les moyens de les mépriser, lui qui sait entretenir son corps et son niveau de vie. Mais il serait effrayé à rencontrer l’un d’entre eux. Pensez… Cette gueule tordue, cette mâchoire quasi bestiale, ce cuir crevassé, ces yeux encadrés de chassie, aux noires prunelles immobiles, dures comme la pierre. Leur insignifiance est une puissance démesurée contre notre existence fade.

 

          Janvier 2004. Comment finir ? Ces hommes ne peuvent pas mourir comme ça. La fin n’est jamais anodine.

 

          Les femmes sont muettes. Ce roman masculin n’est pas le leur. L’histoire de l’humanité n’a jamais été leur histoire. L’histoire n’est qu’une succession de présents aux erreurs répétées. Les fracas sempiternels du monde haussent les hommes, et les fauchent aussi vite, broient leur vanité. L’avenir, il est dans le ventre de ces taiseuses, de ces soumises. Tout se joue dans ces masures que les mâles dominent de leur indifférence, où des murmures, des gestes, des regards qu’elles seules perçoivent assurent la pérennité de l’espèce. Dans le cercle féminin, il y a la certitude d’un lendemain.

 

          Leurs gros engins de chantier ont creusé la terre, l’ont soulevé. La rocade ouest passera dans les environ de Pouthumé. Dans la poussière et le bruit, sont apparues des sépultures et les fondations de bâtiments qui seraient datés des IXe et Xe siècles. On se projette dans l’avenir, complètement amnésique, et le passé s’exhume. Je penche ma tête au-dessus du journal et j’entends le vieil Odon qui ricane, la belle Raisende qui lâche un soupir d’aise…

 

          En somme, ce roman, je pourrais l’écrire de mille façons différentes. Vertige. J’aurais pu aussi ne jamais tenter de l’écrire. Léger réconfort.

 

          Une visite à la médiathèque, que je voudrais de routine, l’ouverture d’un livre, la lecture d’un simple paragraphe, rien n’est jamais bénin. C’est à chaque fois une tempête dans mon esprit, qui bouscule mes connaissances et même ravage toutes mes certitudes. La naturelle exigence de mes investigations m’effraie parfois.

 

          Des personnages nombreux se bousculent dans ma tête. Ils réclament de vivre dans le récit, mais ils n’y ont plus leur place. Ils sont arrivés trop tard.

 

          Etonnant de s’apercevoir que les personnages de fiction peuvent échapper même à celui qui les crée et les fait évoluer. Il reste toujours la possibilité au créateur de les faire disparaître, mais ce n’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse devant ces créatures de plus en plus autonomes.

 

          Je ne suis pas adepte de la distinction bien/mal. La plupart des auteurs ne s’en dépêtrent pas. Même les partisans d’un libertarisme absolu, du nihilisme le plus cynique, imposent à leur façon – et certainement malgré eux – une distinction très nette entre ce qui est bien et ce qui est mal ; autrement dit entre ce qui doit être et ce qui ne doit pas être. L’absence affichée de morale est aussi une forme de moralisme. Or, la condition humaine – au centre de toute œuvre écrite – ne peut se résumer à la simplicité d’un tel schéma. Au manichéisme « bien/mal », je préfère les antagonismes « centre/marge », « dedans/dehors ». Tout, dans la vie humaine, n’est régi que par cette situation en retrait ou dans des règles établies. Ni bien ni mal en cela, il n’est question que de la norme et la non norme (donc l’anormal), et par là même de l’accepté et du non accepté. Ces concepts fluctuants et modelables à l’infini intègrent aussi bien l’échelle des sociétés que celle des individus. Les personnages du roman ne font pas le mal ou le bien, ils sont dans ou hors des normes. Celles de leur société, celles de leur caste, celles qu’ils voudraient eux-mêmes s’imposer sans toujours y parvenir…

 

          Fin du roman. Peut-être est-ce parce que cet homme a maintenant une chair et une âme, une vie et une mort : je peux le voir. Il existe et des musiques me rappellent à lui. Des musiques contemporaines, si éloignées de son siècle et de ses forêts. Non choisies. Officium (Requiem for my friend), de Zbigniew Preisner, comme un souffle d’hiver froid contre une encoignure de pierre grise. Puis un ciel très blanc. Des arbres nus, noirs. Un cheval, les poils collés de sueur. De la vapeur s’échappe de ses flancs. Ebrouement. Au ralenti. From the spring (Flow), Jon Jenkins. Hurlement de loups invisibles, taillis feuillus. Armure sale mais reflétant le soleil. Visage fermé, barbe négligée. Des flashes, coups d’épée, coups de hache ; violence des corps et des sentiments. Je tiens à le dire : j’écoute ces morceaux parce qu’ils s’accordent, dans mon esprit, à ce qu’il est. Ils sont lui.

 

          Jusqu’à son dernier souffle, Araldus a su me surprendre. Surprendre, le mot est encore trop faible : me dérouter, plutôt. 

 

          Neuf mois ont passé depuis le point « final » de ce roman. Mais j’ai un problème avec sa complétude. Une sorte d’obsession, d’abord étouffée par l’idée - fausse - que tout était terminé, puis grandissante, peu à peu, jusqu’à maintenant occuper mon esprit tous les jours. Parce que, justement, il m’apparaît clairement que ce roman ne sera jamais achevé. L’histoire d’Araldus, je veux encore la retoucher, la compléter. Il y a là une virgule mal placée, ici un adverbe intrus... Et ces fantômes de personnages qui n’ont pas eu le temps d’exister, et ce rêve-là d’Araldus, et cette pulsion précise ce matin-ci, et... Vertigineux ! Je m’en étais un peu douté pendant le temps d’écriture. Araldus ne mourrait qu’en quelques mots, et en réalité il sommeillerait en moi, longtemps, toujours. J’envie ceux qui savent terminer.

 

          « Tout le monde s’en fout de mon roman ! » Je ne crois pas si bien dire. Qu’est-ce qui pourrait bien attirer autrui dans mon univers mental ? Est-il vraiment moins étroit qu’un autre ?

 

          L'universalité d’Araldus ? Celle de la solitude, de l’indifférence d’une solitude envers une autre solitude. Solitude d’un personnage, d’un auteur. L’universalité de ce récit se résume à ses derniers mots. Chacun verra le chaume sale du plafond. Rien d’autre.

 

          Araldus. Un récit avec plein de clés, et encore plus de portes fermées. Mais l’on peut ruser ou entrer par la force.

 

          Deux nouveaux chapitres, deux ans après le point final. Je n’en finis pas de construire ce roman. Construire, le mot m’obsède depuis quelques mois : construire un fortin, construire un roman, construire une vie, la mienne, celle de mon fils. Architectures fragiles. Ces nouvelles pages auront une typographie différente. Trop de chantiers à mener à bout. Il faut distinguer les fondations. Il faut un sens.

 

          Les titres de chapitres, comme des résumés de ceux-ci, et bien plus. J'ai d'abord opté pour l'infinitif du verbe, brut et impersonnel. Ainsi se traduit soit l’ordre donné, soit le bilan progressif d'une vie. Puis c'est l'impératif qui m'a paru plus adapté. Là, se trouve une clef. Quelque chose dicte les étapes de la vie d’Araldus. Dieu, la Nature, sa conscience ? Les actes de cet homme sont-ils prescrits par une volonté supérieure ou bien reflètent-ils sa totale liberté face au vide infini à modeler ? Obéit-il ou choisit-il ?

 

          Ai-je vraiment construit ce roman sans plan préconçu ?

 

          Au début et à la fin du roman, à quarante années d’intervalle, Araldus occupe le même point sur Terre. Première ligne : debout, le regard vers l’horizon ; dernière ligne : couché, les yeux au plafond.

 

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Araldus en vidéo

Bande-annonce du roman Araldus - Extrait ch. 3, "Aime Gersinde"

Mise en scène vidéo : Jean-François Pissard | Montage, effets visuels et musique : Cédric Daly | Voix : Christophe Ravet (mai 2016)

 

 

Personnages

Raisende

~ "Enhardis, ils promènent chacun une main lourde sur la croupe généreuse en bavant des mots grivois. Raisende roule des épaules...

Létard du Bornais

~ "Appuyée sur une branche de noyer taillée, la grande silhouette noire de l’homme du Bornais se découpe dans l’obscurité....

Gersinde

\ Personnage réel : "Gersindis". ~ "Elle baisse la tête. La femme d’Araldus voit passer les saisons sans jamais...

Tous les personnages

Interview D. Pascaud par Jerkbook JF Pissard (juin 2017)

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